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La traversée de l'Atlantique en catamaran à voile - Partie 2/3

Posté le 12/12/2016

 

 

Avec une première semaine très mouvementée, on avait hâte de changer de chapitre et de passer à la deuxième semaine. Et avec raison! Malgré des quarts de nuit parfois intensifs, des moments inoubliables nous attendent, dont le milieu de l’Atlantique et une baignade dans l’océan… pour ne nommer que ceux-ci!

Semaine 2: le vent souffle encore, alors qu'on récupère le nôtre!

 

Jour 8 (20 novembre) : la grisaille perdure

 

 

C’est dimanche, notre première semaine s’est terminée hier! Le soleil vient à peine de se lever et la journée est déjà nuageuse. C’est dans la grisaille matinale que Luc et Bernard essaient de trouver la source du problème des panneaux solaires. Ils cherchent à comprendre le câblage électrique, de voir leurs connexions, de mesurer les ampères. Ils sont vraiment concentrés par ladite quête, car leur premier café n’est même pas terminé!

 

 

La conclusion est simple; soit les panneaux ne chargent pas suffisamment (peut-être qu’il y en a 1 ou 2 qui ne fonctionnent pas), soit on consomme trop d’énergie. Pourtant nous n'avons qu'un réfrigérateur qui roule et nous faisons très attention, en plus de ne pas activer le pilote automatique. Le problème n’est pas réglé, on se résigne donc à continuer notre régime de consommation électrique. Si nous voulons augmenter la capacité des panneaux solaires, leur recherche matinale aura tout de même permis de savoir qu’il faudrait alors changer le câblage ainsi que le contrôleur.

 

 

Bernard continue sa petite lancée d’hyperactivité et vérifie tous les cordages du catamaran, les ajuste et les replace en ordre. Il ajuste la tension de la drisse du génois. Les drisses sont les cordages qui permettent de lever et de baisser le génois ou la grand-voile. Ces cordages sont plus dispendieux que les autres, car ils sont conçus spécialement pour ne pas s’étirer. Mais le temps fait tout de même son travail (et c’est bien normal après une Transat). Après un mois d’utilisation en haute mer, la vérification valait le coup. La drisse s’est étirée de 1 cm depuis le début! Les petits entretiens sont importants pour assurer la longévité d’un navire…

 

 

Aujourd’hui, France prend soin de nettoyer les cales et de refaire le compte de la nourriture à bord, de vérifier s’il n’y a pas de pourriture et d’effectuer la rotation des aliments. Elle a donc un congé de cuisine. Bernard et Chloé préparent des pâtes carbonara, recette personnelle du skipper! Pendant la nuit, il y a beaucoup de pluie et de vagues sur le premier quart de France et Luc. France reçoit même un poisson volant sur elle! Heureusement, leur deuxième quart est plus agréable.

 

Nous avons encore des grains occasionnellement, ce qui nous permet de récupérer l'eau de pluie avec notre petit système de drainage "maison". Après un grain comme celui-ci, on peut remplir jusqu'à 3 chaudières pleines qu'on transvide dans nos bouteilles vides de 5L. Nous avons encore des grains occasionnellement, ce qui nous permet de récupérer l'eau de pluie avec notre petit système de drainage "maison". Après un grain comme celui-ci, on peut remplir jusqu'à 3 chaudières pleines qu'on transvide dans nos bouteilles vides de 5L.

 

 

Les quarts de Bernard et Chloé sont plus calmes. Un gros voilier (Swan) de 35 mètres passe à 0,4 Mn sur le premier quart, et ce, quelques heures avant que l’on perde… Notre anémomètre!

 

L'anémomètre est un outil qui nous permet, avec la girouette, de mesurer la vitesse et de voir la direction du vent. L'écran que vous voyez sur l'image nous transmettait les informations. À présent, rien ne s'affiche. L'anémomètre est un outil qui nous permet, avec la girouette, de mesurer la vitesse et de voir la direction du vent. L'écran que vous voyez sur l'image nous transmettait les informations. À présent, rien ne s'affiche.

Étrangement, sa mort prématurée fut douce, en mer calme; les informations ont clignotées 1 fois, 2 fois, 3 fois, puis à la quatrième, elles ne sont plus jamais revenues. Bernard, n’y comprenant rien, a éteint et allumé tous les instruments de navigation. Rien ne change. Un problème, une solution; on met des torchons sur les haubans bâbord et tribord pour avoir une idée visuelle de la direction du vent.

 

 

 

Jour 9 (21 novembre) : congé de barre

 

 

La journée est pluvieuse, et le vent est plus important en matinée. L’anémomètre n’est toujours pas revenu. On révise les stratégies de quarts de nuit, car France est ébranlée par les deux dernières nuits. La fatigue, avec les émotions et les conditions physiques qui grugent beaucoup d’énergie, s’est accumulée. Elle a congé de barre pour la journée et pour la nuit qui vient. On met le cap vers le sud et l'on attend toujours les bons vents pour traverser le trou d’air.

 

 

Jour 10 (22 novembre) : manœuvrer les voiles

La journée est belle et ensoleillée. On en profite pour pratiquer les manœuvres de voile. On sort enfin la grand-voile, et ça va beaucoup plus vite. On gagne 2 Kn de vitesse.

 

C'est toujours très étonnant de croiser de près de gros cargos ou des paquebots. Même si on ne souhaite jamais être de trop près, ça aide à vite faire passer notre quart à la barre! C'est toujours très étonnant de croiser de près de gros cargos ou des paquebots. Même si on ne souhaite jamais être de trop près, ça aide à vite faire passer notre quart à la barre!

 

La nuit est parfaite; le ciel est étoilé, aucune pluie, et enfin c’est un peu plus chaud… On enlève progressivement des couches de vêtement depuis le début, et on aime bien!

 

Enfin en T-shirt! Enfin en T-shirt!  

 

 

Jour 11 (23 novembre) : une journée tant attendue

À gauche: notre destination (Marigot) est sélectionné. C'est un point GPS, et notre distance par rapport à ce point se rapproche sans arrêt! À droite: notre écran de navigation GPS est en ligne droite vers Saint-Martin. Il nous reste 1313 miles nautiques avant d'arriver. C'est le milieu de notre trajet. À gauche: notre destination (Marigot) est sélectionné. C'est un point GPS, et notre distance par rapport à ce point se rapproche sans arrêt! À droite: notre écran de navigation GPS est en ligne droite vers Saint-Martin. Il nous reste 1313 miles nautiques avant d'arriver. C'est le milieu de notre trajet.

On la prévoit depuis presque notre départ; on l’idéalise, on se l’imagine, on l’attend… La moitié du trajet est prévue pour aujourd’hui, et on regarde attentivement le compteur de milles nautiques à parcourir pour ne rien manquer !

 

 

On travaille notre patience toute la journée, car la moitié du trajet est prévue vers 19h. Il fait beau, le soleil brille et il fait chaud… Les deux voiles sont à tribord, et on s'exerce (sous les indications et conseils de Bernard) à bien prendre les vagues à la barre. La journée passe vite. On fête la belle nouvelle avec des acras de morue (cliquez ici pour la recette de France!), des côtelettes de porc, des cigares et du champagne!

 

 

Mère Nature nous ramène à l’ordre avec une pluie tropicale en soirée. Il pleut beaucoup, mais l’eau est chaude… C’est tout de même plus agréable qu’à notre première semaine de navigation. Nous avons de bons vents toute la nuit. Encore ce soir, et comme tous les autres soirs jusqu’à présent d’ailleurs, on ne met que le génois et on range la grand-voile avant le coucher du soleil. 

 

Un coucher de soleil en mer parmi bien d'autres... On ne se fatigue jamais des couchers de soleil sur l'océan. Un coucher de soleil en mer parmi bien d'autres... On ne se fatigue jamais des couchers de soleil sur l'océan.

 

Jour 12 (24 novembre) : une visite des mammifères marins

Nous avons de bons vents toute la journée. Avec la grand-voile et le génois de déployés, nous avançons à 6-7 Kn. La formation de voile se poursuit sous les conseils de Transport Naval!

 

 

France nettoie tout le frigo aujourd’hui. En après-midi, alors que tout le monde vaquait tranquillement à leurs occupations, des baleines viennent nous rendre visite… Elles sont quelques-unes, peut-être 4 ou 5 à s’approcher du catamaran. Elles passent sous le navire et à côté des coques… elles s’amusent!  C’est un très beau moment qui nous met le sourire aux lèvres.

 

Encore un peu de pluie! Celle-là fait du bien; on se lave et on fait des réserves d'eau!Encore un peu de pluie! Celle-là fait du bien; on se lave et on fait des réserves d'eau!

On envisage de faire beaucoup de moteurs cette nuit, car on pense enfin passer le fameux trou d’air. La nuit est en effet très calme, avec peu de vent. Avec toute cette tranquillité, on essaie la grand-voile pour la première fois sous les étoiles!

 

 

Jour 13 (25 novembre) : un mois en mer

Journée ensoleillée! On pêche deux petits Mahi Mahi, deux femelles. Il faut dire qu’on pêche davantage pour s’occuper que pour se nourrir, car on mange encore très bien sur le cata! Il nous reste encore de la viande et de la bonne nourriture.

 

 

Même si on pense être encore dans le trou d’air, on ne met pas les moteurs. On fait avec le vent qu’il y a, même si parfois c’est très peu. On se fait tous bronzer. La migraine de Chloé est partie!

 

 

On mange de bons sushis (surprise cachée de Bernard) pour fêter notre premier mois en mer (depuis notre départ de La Rochelle). C’est la grande découverte, en fait. Personne ne s’attendait à avoir un chef sushi à bord! Bernard s’est fait un plaisir de nous préparer avec soin des sushis, makis et sashimis avec un Mahi Mahi frais du jour. Ça fait du bien, et ça nous émeut de voir les belles assiettes sur la table. Merci, Bernard!

 

 

La nuit est très belle. Il n’y a presque pas de vent; les moteurs ronronnent. On a passé le trou d’air, mais un autre s’est formé devant nous. Nous sommes encore à la poursuite des alizés… La nuit est chaude. Nous ne portons pas nos manteaux, nos imperméables et nous avons rangé nos bottes pour la nuit. Un vrai soir d’été, ça fait tellement de bien!

 

Jour 14 (26 novembre) : la baignade dans l’océan

La journée est encore très chaude et ensoleillée. Les vents sont presque totalement absents en après-midi, alors on décide d’en faire une pierre deux coups.

 « Pas de vents? Pas de soucis, on se baigne dans l’océan! »

 

 

Bernard laisse une corde à l’eau à laquelle on se tient une fois immergés dans l’eau bleue. On ne veut quand même pas laisser un membre de l’équipage partir à la dérive…

 

 

Le moment est complètement unique. Se baigner dans le milieu de l’océan, alors que l’eau est d’un calme plat, c’est quelque chose! On s’en rend compte, on l’apprécie et on en profite.

 

 

Les vents reprennent tout de suite après la baignade. On remet les voiles, c’est reparti!

 

 

Conclusion deuxième semaine

Finalement, la deuxième semaine est un peu celle qui servira de transition pendant la traversée. En un sens, elle troque (au bonheur de tous) les nuits éprouvantes en échange d’une température de plus en plus clémente, de pair avec notre descente vers le sud. On devient de plus en plus familiarisé avec la grand-voile ce qui nous permet de s’amuser davantage avec la navigation. Pendant toute la première semaine, voire même les 10 premiers jours, nous n’avons utilisé que le génois pour des raisons de préférence. Bernard a été très patient avec nous sur ce coup-là, puisqu’il aurait facilement mis la grand-voile dès le départ en sachant très bien que le bateau pouvait le prendre. Il a compris nos inquiétudes et les a respectées jusqu’au bout. Tout un skipper! On comprend aussi de plus en plus que le catamaran tolère à merveille les vents forts et qu’il est très solide. On l’entend travailler fort! On se sent en sécurité, même si parfois la peur prend le dessus… C’est normal, c’est tout de même notre première longue aventure en haute mer. C’est une très belle Traversée… et pourtant le meilleur reste à venir!