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Les explications météo d’une escale allongée au Portugal

Posté le 02/11/2016

 

 

48h après notre arrivée à Lisbonne, nous étions déjà prêts à partir avec une météo à l'apparence favorable. Une dépression descendait vers le sud et nous apportait les bons vents vers les Îles Canaries. Mais en regardant les conditions d’un point de vue plus global, on se rend compte que ce n’était pas du tout la fenêtre qu’il nous fallait. À la croisade de trois systèmes météorologiques, il est préférable de rester à Lisbonne encore un peu. Voyons pourquoi!

1. Le système méditerranéen

Le premier défi auquel on doit porter attention avant de quitter Lisbonne vers les Canaries est le détroit de Gibraltar, qui est le seul passage maritime qui fait le lien entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée. Ce dernier rend la navigation plus risquée pour deux principales raisons.

 

Localisation du détroit de Gibraltar. Localisation du détroit de Gibraltar.

1.1 Les courants marins opposés

En surface, le courant dominant dans le détroit va de l’Atlantique vers la Méditerranée. Par contre, il existe en permanence un courant inverse en profondeur. Ces courants marins opposés se rencontrent dans le détroit et peuvent compliquer la navigation.

1.2 Le Gibraltar

Le vent à la sortie du Gibraltar est influencé par les conditions de la Méditerranée. Dans cette région, les vents dominants viennent du nord et sont fortement influencés par ce qu’on appelle le Mistral, un vent froid, sec et violent qui souffle vers le sud. Le Mistral est présent tout au long de l'année et naît sous des configurations atmosphériques particulières, qui prédéterminent la durée et l’intensité que peut avoir le Mistral lorsqu’il se déchaîne. De ce fait, les fortes rafales de vent peuvent perturber le trafic naval entre les deux côtes de la Méditerranée, et faire écho dans le détroit du Gibraltar.

Dans notre cas, nous ne passons pas vraiment à l’intérieur du détroit, puisque notre destination ne se trouve pas à l’intérieur de la mer Méditerranéenne.  Cependant, nous devons traverser la sortie du canal pour se rendre aux Canaries, et nous risquons de sentir tout de même l’effet des vents méditerranéens ainsi que les courants marins locaux. 

 

La flèche noire pointe le détroit de Gibraltar, et nous avons encerclé les vents qui viennent directement de l'est. C'est cette partie qui interfère avec notre itinéraire, et où nous devront porter attention pendant la navigation. Il y aura à cet endroit une augmentation de la force des vents et un changement dans leur direction. La flèche noire pointe le détroit de Gibraltar, et nous avons encerclé les vents qui viennent directement de l'est. C'est cette partie qui interfère avec notre itinéraire, et où nous devront porter attention pendant la navigation. Il y aura à cet endroit une augmentation de la force des vents et un changement dans leur direction.

2. Dépression côtière antihoraire

Ensuite, nous avons observé une première dépression qui descendait vers le sud. Habituellement, les dépressions de l’hémisphère nord ont un sens horaire, ce qui amenait, dans notre cas, les vents favorables pour descendre la côte européenne jusqu’aux Îles Canaries.

Exemple des sens horaires (hémisphère nord) et antihoraire (hémisphère sud). Exemple des sens horaires (hémisphère nord) et antihoraire (hémisphère sud).

Cependant, l’effet surprise dans ce cas-ci est que, pour une raison que nous expliquons brièvement au troisième point, la dépression que nous voulions suivre n’est pas en sens horaire, mais bien antihoraire. Au lieu de tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, les vents de la dépression vont dans le sens contraire et montent vers le nord. Ceci n’est pas très pratique pour nous, puisque les vents viennent de face plutôt que par derrière. La dépression est d’ailleurs stagnante et bouge lentement vers le sud. Elle se meurt actuellement sur les côtes du Maroc, à proximité de Casa Blanca.

 

Dans cette image, le "X" marque notre position actuelle. La flèche noir met en évidence le sens antihoraire de la dépression qui longe les côtes. Dans cette image, le "X" marque notre position actuelle. La flèche noir met en évidence le sens antihoraire de la dépression qui longe les côtes.

3. Dépression hauturière qui vient du nord

En regardant les conditions météorologiques avec une vision plus large (et sous l’œil aiguisé de Bernard Lamonde), on s’est rendu compte qu’une autre dépression, beaucoup plus grosse, s’était développée bien plus au nord. Celle-ci tourne normalement (soit en sens horaire) et il est fort probable qu’elle ait influencée la plus petite dépression côtière à tourner en sens antihoraire et à stagner à la hauteur de Casa Blanca (Maroc) au lieu de suivre son chemin vers le sud plus rapidement. Les systèmes dépressionnaires ont tendance ainsi à s’agglomérer, le plus gros des deux l’emportant sur le plus petit.

Encore une fois, le "X" marque notre position actuelle. Les deux grosses flèches noires montrent le sens des dépressions. Celle de gauche déborde de l'image car nos données cartographique n'allaient pas plus loin que l'image présentée. Encore une fois, le "X" marque notre position actuelle. Les deux grosses flèches noires montrent le sens des dépressions. Celle de gauche déborde de l'image car nos données cartographique n'allaient pas plus loin que l'image présentée.

Nous voilà donc arrêtés au Portugal encore pour quelques jours. L’idéal étant de suivre la dépression hauturière qui devrait descendre vers le sud à la hauteur de Lisbonne vers le 4 ou 5 novembre. À partir de ce moment nous aurons les conditions idéales et les bons vents pour arriver aux Îles Canaries en un morceau!

 

Carte qui résume les principaux éléments mentionnés dans l'article. Carte qui résume les principaux éléments mentionnés dans l'article.

 

N.B Les informations de cet article proviennent en grande majorité des analyses météorologiques de Bernard Lamonde (Transport Naval), notre skipper pour toute la durée de la traversée de l’Atlantique. Notez que les informations ont été vulgarisées et résumées pour faciliter l’interprétation, mais que les systèmes dépressionnaires restent des phénomènes complexes à analyser!

 

 

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